Remettre à plus tard / Par Dona Quich de la Manche

 

Le malheur est à ceux qui se voient attribuer

Un patronyme fâcheux, arbitraire, homophone :

Notre héros est un clerc, avec vue sur la Seine.

Moquette grise murs marron pot à crayons

Publicitaire souvenir de Cavaillon.

Lumière eau de vaisselle d’une presque fenêtre.

Ponctuel, sérieux, zélé, dans l’antre notariale

En chemise à manches longues, plongé toute la semaine

Dans sa charge de travail d’employé idéal,

Il crée pourtant du désordre à s’appeler Plutare.

Quelque dossier souvent à remettre à Plutare,

Finit dans un tiroir où il attend son heure.

Quant à ceux qu’on décide de remettre à plus tard,

Ils encombrent le bureau de notre travailleur.

Anatole Plutare est donc pris en faute,

Se défend comme il peut, front fier et tête haute.

Qu’une erreur lui incombe, c’est un fait rare.

Son tort se résume plutôt à s’appeler Plutare.

Il crie à l’injustice à l’idée d’un renvoi.

Parle de prud’hommes, d’avocat, de la loi.

Tout cela le chagrine. Il invective le sort.

C’est à ses parents que reviennent tous les torts !

Et s’il changeait de nom ? Peut-être n’est-ce pas trop tard ?

Il regrette amèrement que depuis le départ

Quand il se posa là derrière son bureau

On ne l’ait appelé plutôt Pluteau plus tôt.

 

Auteur : Dona Quich de la Manche

2 réflexions sur “Remettre à plus tard / Par Dona Quich de la Manche”

  1. D’habitude on frappe les trois coups au début. Là, c’est à la fin. Le chien Pluto aurait pu se joindre à la compagnie mais je ne crois pas que Disney avait le goût de la rime.
    Certes Plutare, c’est pas folichon comme nom mais mieux vaut Plutare que jamais.

  2. Par la rue Plus tard on arrive à la place Jamais dit le proverbe Espagnol. Suivre la poésie de ce Plutare m’a ravi comme jamais ! Je crois aussi que les noms façonnent les caractères et que Pluteau méritera son propre poème plus tard.

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